Conseils aux artisans

Comment faire un devis conforme en Suisse

Par Jamal Baroud, peintre à Neuchâtel ·

Un devis, c’est la première chose sérieuse que votre client reçoit de vous. Avant même de voir votre travail, il voit votre papier. S’il est clair, complet et lisible, il inspire confiance. S’il est flou, il ouvre la porte aux discussions, voire aux litiges.

Voici ce que je mets dans chaque devis, après des années de chantiers de peinture en Suisse romande. Ce n’est pas un avis juridique : pour les questions de droit, votre fiduciaire reste la bonne adresse. Mais c’est une base solide, qui fonctionne.

Qui propose quoi, à qui

Le haut du devis répond à trois questions. Qui êtes-vous ? À qui vous adressez-vous ? De quel document s’agit-il ?

Pour votre entreprise, indiquez la raison sociale exacte, l’adresse, le téléphone, l’email et le numéro IDE, sous la forme CHE-123.456.789. Si vous êtes assujetti à la TVA, le même numéro suivi de « TVA » sert de numéro de TVA. Un logo n’est pas obligatoire, mais il aide votre client à retrouver votre document parmi les autres.

Pour le client, notez son nom ou sa raison sociale, son adresse, et l’adresse du chantier si elle est différente. Une gérance qui commande des travaux dans un immeuble n’habite pas l’appartement : mettez les deux adresses.

Enfin, donnez au devis un numéro unique et une date. Un numéro du type D-2026-0042 vous permet de le retrouver en deux secondes quand le client rappelle trois semaines plus tard.

Des prestations décrites, pas des intitulés vagues

« Travaux de peinture, CHF 4’800.– » ne dit rien. Votre client ne sait pas ce qu’il achète, et vous ne savez pas ce que vous avez promis. Le jour où il dit « je pensais que les portes étaient comprises », c’est votre parole contre la sienne.

Décrivez chaque prestation sur sa ligne, avec une quantité, une unité et un prix unitaire. Par exemple :

  • Lessivage des supports intérieurs : 180 m²
  • Peinture murs, deux couches acrylique mate : 140 m²
  • Peinture plafonds, deux couches : 62 m²
  • Peinture portes intérieures, deux faces : 5 pièces
  • Peinture plinthes : 58 ml

Les bonnes unités

Chaque métier a les siennes : le m² pour les surfaces, le mètre linéaire pour les plinthes et les chéneaux, le m³ pour la terre et le béton, la pièce pour une porte ou un appareil, l’heure pour la régie, le forfait pour ce qui ne se mesure pas. Une unité juste rend le devis vérifiable : votre client peut mesurer lui-même et comprendre le total.

Évitez les forfaits globaux quand une mesure est possible. Un forfait cache le détail, et c’est souvent sur le détail que naissent les désaccords.

Ce qui est compris, ce qui ne l’est pas

Écrivez noir sur blanc ce qui n’est pas compris : la fourniture d’un carrelage choisi par le client, l’échafaudage, l’évacuation des anciens meubles, les travaux d’un autre corps de métier. Une phrase suffit, mais elle doit exister.

Notez aussi les hypothèses : « support sain, sans reprise d’enduit », « accès libre aux pièces ». Si la réalité diffère, vous avez une base pour proposer un supplément.

La TVA, au bon taux

Si votre chiffre d’affaires dépasse CHF 100’000 par an, vous êtes en principe assujetti à la TVA. Votre devis montre alors le total hors taxe, le taux, le montant de la TVA et le total TTC. Si vous n’êtes pas assujetti, dites-le : une mention du type « Non assujetti à la TVA » évite que votre client se demande si le prix est hors taxe.

Le taux normal est de 8,1 %. Il passe à 8,5 % dès le 1er décembre 2026. Pour un devis envoyé en automne et des travaux réalisés en décembre, la question du taux se pose donc vraiment. La règle générale est de suivre la date de la prestation, pas celle du document, mais les cas limites existent : un chantier à cheval sur les deux taux, par exemple. Demandez à votre fiduciaire comment les traiter dans votre comptabilité.

Les mentions qu’une facture doit porter en matière de TVA sont fixées par la loi (art. 26 LTVA). Le devis n’est pas une facture, mais reprendre la même structure vous évite des surprises au moment de facturer.

La validité et les conditions de paiement

Un prix ne tient pas éternellement. Indiquez une durée de validité, trente jours par exemple, ou une date. Passé ce délai, vous pouvez revoir votre prix si les matériaux ont augmenté.

Précisez ensuite comment vous serez payé : un acompte à la signature, éventuellement un deuxième en cours de chantier, et le solde à la fin, payable à 30 jours. Écrivez le pourcentage ou le montant de chaque acompte, et le moment où il est demandé. Nous y revenons dans l’article sur l’acompte.

L’accord du client

Un devis signé vaut mieux qu’un « oui » au téléphone. Prévoyez la place pour le nom, le lieu, la date et la mention « Bon pour accord ». Que la signature se fasse sur papier, par email ou sur une page en ligne, gardez-en une trace datée.

La valeur juridique d’une acceptation par email ou en ligne dépend des circonstances. Si un gros chantier est en jeu, votre fiduciaire ou un juriste de votre association professionnelle vous dira quelle forme privilégier.

La relecture, avant d’envoyer

Avant d’envoyer, relisez avec les yeux du client. Les quantités correspondent-elles aux pièces visitées ? Le total est-il juste ? L’adresse du chantier est-elle la bonne ? Une faute d’orthographe dans le nom du client fait mauvais effet, une erreur de quantité coûte de l’argent.

Envoyez ensuite le devis en PDF ou avec un lien, jamais en photo d’un brouillon. Et notez la date d’envoi : elle vous servira pour la relance.

En résumé

Un devis conforme tient en peu de choses : qui, quoi, combien, à quel taux, jusqu’à quand, et comment on paie. Le reste est une question de soin. Pour les points de droit, la TVA et les cas particuliers, votre fiduciaire reste votre meilleur allié.

Si vous voulez un devis qui reprend ces éléments sans tout retaper à chaque fois, DevisExpert les met en page pour vous, avec votre catalogue et vos prix.

Essayer gratuitement

14 jours gratuits, puis CHF 39.90 par mois. Sans engagement.

Les autres conseils